Zoom sur le café en Afrique, de sa découverte à nos jours

Contrairement aux croyances communes, le café Arabica ne vient pas d’Amérique Latine ou encore d’Indonésie, c’est une espèce endémique originaire d’Afrique de L’est de la vallée de Kaffa en Éthiopie. La légende attribue sa découverte au berger Kaldi,qui au VIIIème siècle, intrigué par l’énervement de ses chèvres, friandes des fameuses baies rouges du caféier, décida de les faire goûter aux moines d’un monastère proche . Avant d’être consommés sous sa forme actuelle (breuvage liquide), les autochtones formaient une pâte compacte avec la cerise, afin de rester éveillés.

 


Au XVème siècle, le café a ensuite traversé la mer Rouge pour atteindre le Yémen, avec les premières cultures à vocation “commerciale”. Le Yémen a gardé jusqu’au XVIIème siècle le monopole de la culture du café, exportant le café vert mais conservant précieusement les cerises, à l’origine des cultures. L’un des principaux ports d’exportation du café était le port de Mokha, dont le nom est maintenant à jamais rattaché à l’histoire du café.

 


Aujourd’hui, en dépit de la très grande qualité de ses cafés, les pays producteurs d’Afrique restent confrontés à de nombreux défis : une compétition internationale forte face à des productions industrialisées, un vieillissement des producteurs et un problème de renouvellement des générations rendent l’avenir de la production de café Africain incertain.

 


Le café est la première matière première en volume échangée dans le monde, et les revenus des caféiculteurs dépendent des cours de bourse, très volatiles. Ces cours sont impactés par les niveaux de production mondiaux, et surtout en Amérique Latine, gros producteur d’Arabica. Les pluies, les conditions climatiques impactant les rendements des exploitations, les investisseurs réagissent à ces actualités, ce qui impacte directement les revenus des producteurs de café.

 


Cours de bourse du café

 


En dessous de 100 cents la livre de café, les producteurs peinent à couvrir leur frais de production. Face aux revenus fluctuants du café, les producteurs s’orientent vers d’autres types de cultures. Cependant, depuis plusieurs années, le développement des cafés de spécialités proposant une meilleure rémunération au producteur, offre de nouvelles perspectives à la culture de café. Le prix du café de spécialité ne se basant pas uniquement sur le cours de bourse, mais aussi sur les qualités du produit, cela permet aux producteurs de tirer un meilleur prix de leur production. Cette opportunité a été très vite comprise, par les producteurs évidemment, mais aussi par les états africains. Adugna Debela, directeur général de l’autorité des cafés en Ethiopie indique ainsi « Nous misons résolument sur le développement des cafés bio de spécialité. Avec la diversité des variétés et le goût de café unique que nous proposons dans le pays, nous avons une carte importante à jouer ».

 


Au Kenya, autre pays producteur de cafés de grande qualité et reconnus, c’est tout un système qui s’est mis en place au niveau du pays pour faciliter la montée en qualité du café kényan, de même que sa reconnaissance internationale. Là où d’habitude les cafés sont achetés à une ferme en particulier, au Kenya, ils sont acheté auprès de coopératives qui s’assurent de la qualité des cafés, la meilleure étant «AA», comme celui que vous allez découvrir.

 


Passer du café de commodité au café de spécialité permet ainsi de participer à l’amélioration du niveau de vie des caféiculteurs, à la préservation de la filière, mais aussi de limiter les impacts sur l’environnement.

 


Ainsi, si les cafés destinés au marché de commodité sont souvent cultivés avec force d’intrants chimiques et dans des exploitations intensives, les café de spécialité sont plus souvent cultivés au sein d’écosystèmes naturels riches, car la biodiversité de ceux-ci influe directement sur la qualité du café. S’ils ne sont pas tous bio, il y a néanmoins une vraie démarche éco-responsable autour de ces café qui se met en place.